Située en Europe orientale, la Roumanie est bordée au nord par l'Ukraine, à l'est par la Moldavie et la mer Noire, au sud par la Bulgarie
et à l'ouest par la Serbie et Monténégro et la Hongrie.
D’une superficie de 237.500 km², le pays se divise en quatre régions :
Le plus important fleuve du pays est le Danube. Son delta couvre 2600 km2 de territoire roumain. Après un parcours de 1075 km, principalement le long des frontières avec la Serbie et Monténégro, la Bulgarie et l’Ukraine, le fleuve se jette dans la mer Noire.
2 millions d’habitants. Située au sud de la Roumanie, dans la plaine de Munténie, Bucarest est construite sur les rives de la Dimbovita.
Capitale du pays, la ville est également un pôle administratif, commercial, industriel et culturel important.
Jusqu’au XVIIIème siècle, la ville fut l’une des résidences des princes de Valachie et joua à partir de 1715, le rôle de capitale de la
Valachie, pour devenir en 1862 celle des principautés unies de Moldavie et de Valachie. Malgré la destruction de certains quartiers historiques
en 1988, Bucarest conserve un certain nombre de joyaux architecturaux. Considérée comme la ville la plus verte d’Europe,
elle possède de nombreux parcs et détient le record de surface de jardin par habitant.
348.000 habitants. Capitale de la province du même nom, proche du territoire moldave, Iasi fut pendant le XVIème siècle l’une des résidences des princes de Moldavie, dont elle devint la capitale au XVIIème siècle. La ville est riche de nombreux chefs d’œuvre architecturaux, notamment les églises des Trois-Hiérarques et de Golia, inspirées du style byzantin. C’est également un centre industriel, spécialisé dans les produits pharmaceutiques, le textile et l’agro-alimentaire.
340.000 habitants. Principal port du pays situé sur la mer Noire, Constanta est une station balnéaire réputée et possède un important musée des antiquités hellénistiques, romaines et paléochrétiennes. C’est également un important pôle industriel, spécialisé dans la métallurgie, l’agro-alimentaire et les chantiers navals.
333.000 habitants. Capitale historique et cœur intellectuel de la Transylvanie, la ville conserve des monuments gothiques et baroques, ainsi que des demeures anciennes, des musées d’art, historique et ethnographique. C’est, en outre, un important centre universitaire et industriel.
328.000 habitants. Port sur le Danube situé en Roumanie orientale, la ville de Galati remplit les fonctions de nœud ferroviaire international et de centre industriel, spécialisé dans la sidérurgie et la construction navale.
328.000 habitants. Située dans la province du Banat, la ville de Timisoara, est un centre culturel et industriel (mécanique, chimie).
313.000 habitants. Principale ville d’Olténie, en Roumanie méridionale, Craiova est un centre industriel, spécialisé dans la métallurgie, la chimie et l’agro-alimentaire.
312.000 habitants. Située au sud-est de la Transylvanie, à 171 km de Bucarest, la ville est un important centre culturel (musique) doté de nombreux musées et monuments médiévaux. C’est aussi un pôle industriel spécialisé dans les constructions mécaniques.
23.000.000 habitants dans le pays et 2.500.000 habitants dans la ville de Bucarest.
La population est composée à près de 90% de Roumains de souche, mais il existe une importante minorité hongroise (environ 1,4 million),
principalement en Transylvanie, ainsi qu’une petite communauté allemande. Les Roms (population officielle : plus de 500.000 personnes ;
population estimée : 2 millions) forment une communauté à part.
Données 2004 :
Le climat de la Roumanie est de type continental. L’hiver est sec et rude (la température peut descendre jusqu’à –20°C)
avec d’importantes chutes de neiges formant des congères ; le printemps est court ; l’été est chaud et peut même être caniculaire ;
l’automne est assez long et ensoleillé.
Températures moyennes :
La pluviométrie moyenne est de 635 mm par an. L'hygrométrie est en moyenne 80%.
| Tableau du climat | ||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Janv | Fév | Mars | Avril | Mai | Juin | Juillet | Aout | Sept | Oct | Nov | Déc | |
| Temp. max. moyenne | 1 | 3 | 10 | 18 | 23 | 27 | 30 | 29 | 26 | 18 | 9 | 4 |
| Temp. min. moyenne | -6 | -4 | 0 | 5 | 11 | 14 | 16 | 15 | 11 | 6 | 2 | -2 |
| Pluviométrie en mm | 46 | 25 | 28 | 58 | 76 | 122 | 53 | 46 | 46 | 28 | 36 | 28 |
Le roumain - langue latine - est la langue officielle. C’est également la langue des affaires, bien que l’anglais soit de plus en plus employé. Le hongrois est utilisé en Transylvanie. Première langue étrangère devant l’anglais et l’allemand, le français est compris par une majorité de Roumains et parlé par 25% de la population. La Roumanie est le premier pays francophone dont le français n'est ni la langue maternelle, ni la langue officielle.
Il n’existe pas de religion d’Etat et il est possible de pratiquer celle de son choix dans de nombreux lieux de culte. On peut ainsi signaler l’existence d’un office catholique en français, dispensé dans une chapelle appartenant à la France. La majorité de la population est de confession orthodoxe (70%). Il existe également des communautés catholique romaine (6%), catholique uniate (de rite grec, 3%), protestante (6%), juive et musulmane.
La Roumanie est une République parlementaire. La constitution de 1991 a institué le multipartisme, le respect des libertés et des droits
fondamentaux et l’économie de marché. Le président de la République est élu pour quatre ans au suffrage universel direct.
Il dispose de pouvoirs importants au premier rang desquels la nomination du premier ministre. Il ne peut effectuer que deux mandats.
Le parlement est composé de deux chambres, la Chambre des députés (345 sièges) et le Sénat (143 sièges), élues pour quatre ans au suffrage universel
direct selon un scrutin proportionnel.
Le pays est divisé en 40 départements auxquels s’ajoute la municipalité de Bucarest.
Vingt ans après le renversement du régime de Nicolae Ceausescu, des progrès dans l’édification d’un Etat de droit ont été enregistrés,
notamment dans le traitement des minorités (représentation de chaque minorité autre que les Hongrois à la Chambre des députés,
création d’un secrétariat d’Etat spécifique). Le pays a connu, en 1996, la première alternance politique depuis 70 ans.
La Roumanie est membre de l'Union européenne depuis 2007. Elle mène, par ailleurs, une politique de bon voisinage avec la Hongrie, la Bulgarie, l'Ukraine, et la Moldavie. A cela s'ajoutent des efforts d'intégration régionale. Les relations culturelles et politiques entre la France et la Roumanie sont anciennes. La diffusion de la langue française en Roumanie remonte au XVIIIème siècle. Actuellement, les échanges bilatéraux sont nombreux et la coopération culturelle et linguistique est particulièrement développée, notamment avec l'existence d'une filière d'enseignement francophone.
Après quarante ans d'économie planifiée, la Roumanie a amorcé, à partir de 1990, une transition vers l'économie de marché. Cette mutation s’est accompagnée d’un accroissement du taux de chômage et de la dette extérieure tandis que le pays connaissait une instabilité politique et sociale. Mais après dix années de difficultés économiques, la Roumanie connaît depuis 2000 une croissance soutenue et une chute de l’inflation favorisées par la progression des exportations et des investissements étrangers puis par la hausse de la demande intérieure.
L'agriculture occupe 40% de la population active et contribue pour 15% au PIB du pays. Depuis les années 90, les rendements agricoles ont chuté, les cheptels porcin, bovin et ovin ont été sensiblement réduit et la balance agricole reste encore largement déficitaire. La reprise de la production s’amorce néanmoins. Les principales productions végétales sont le maïs (la moitié de la production céréalière totale), le blé et la pomme de terre. L’exploitation forestière est importante (résineux, hêtre, chêne) mais les volumes ont, là aussi, chuté. Le pays a un potentiel important dans ce domaine. Egalement touché par les bouleversements économiques, le secteur de la pêche a beaucoup régressé.
Ce secteur occupe 25% de la population active et contribue pour 35% au PIB du pays. La Roumanie est le premier producteur de gaz naturel
(13 milliards de m3 par an) et de pétrole (6 millions de tonnes par an) en Europe centrale et orientale (hors CEI) mais ces activités
sont en déclin à cause de l’épuisement des réserves. Le pays est un importateur net de ces produits depuis la fin des années 70.
La production d'énergie nucléaire n’a débuté qu’en 1996, avec l'ouverture d’un premier et, à ce jour, unique réacteur (centrale de Cernadova).
Le pays possède de multiples ressources minérales, principalement de la bauxite, du fer, du plomb et du cuivre.
Le secteur industriel est important (sidérurgie, métallurgie, bois, construction mécanique) et la Roumanie possède un savoir-faire dans ce domaine. Bien qu’en déclin constant depuis 1990, la sidérurgie pointe au troisième rang des exportations roumaines. Malgré son importance, l’industrie chimique est obsolète et peu compétitive. La construction automobile, après avoir chuté, semble repartir grâce aux restructurations et aux investissements réalisés.
Première source de devises, le textile assure un quart des exportations roumaines et emploie 400.000 personnes. La production se concentre
essentiellement sur la confection, destinée avant tout à l’Union européenne. Le secteur du cuir est également très développé et
constitue la deuxième activité exportatrice.
Les services occupent 35% de la population active et contribuent pour 50% au PIB du pays. Ce secteur d'activité est en croissance constante et bénéficie en premier lieu de l'investissement des entreprises étrangères (distribution, banque). Le tourisme, malgré de nombreux atouts (littoral, montagnes, sites culturels), est encore peu développé. Le pays manque encore des infrastructures nécessaires.
Les importations roumaines, stimulées par la croissance actuelle de la demande intérieure, sont en progression. La stagnation des exportations
est principalement due à la faiblesse de la croissance au sein de l’Union européenne avec laquelle la Roumanie réalise les deux tiers de ses
échanges.
L’Italie est le premier partenaire commercial (23,5% des exportations et 20% des importations roumaines) devant l’Allemagne
(16,4% des exportations et 18,4% des importations).
La France est le troisième partenaire commercial de la Roumanie. Les ventes de produits français (équipement électrique, textile, chimie,
moyens de transport) sont en forte progression et représentent 7,3% des importations roumaines. Les achats de produits roumains par la France
(textile, matériel électrique, ameublement, chaussure) sont stables. Les entreprises françaises investissent dans de nombreux secteurs.
Les principales implantations sont le fait de grands groupes comme Orange, la Société Générale, Lafarge ou Renault mais les
PME sont de plus en plus actives sur le territoire roumain.
Malgré l’embellie constatée depuis 2000, la situation économique est encore fragile et le passage à l’économie de marché n’est pas encore
véritablement achevé. Le pays souffre encore de nombreux handicaps. Les réformes structurelles (remise en état de l’appareil productif,
privatisations, réformes de l’Etat et de l’administration) sont lentes. La part du secteur publique est encore de 30% et l’administration
est pléthorique. Le pays est pointé du doigt pour sa corruption endémique.
La Roumanie dispose néanmoins de fortes potentialités encore sous-exploitées : son fort potentiel agricole, sa position géographique
à proximité des marchés de consommation de l'Europe occidentale, la qualité et le faible coût de sa main d'œuvre. La pression du FMI
et l’objectif d’une entrée prochaine dans l’Union européenne concourent à faire avancer les réformes indispensables à une stabilité économique
durable.
Principaux indices (Données 2004) :
- Roumanie, coll. Guides bleus évasion, Hachette Tourisme, 2004.
- Hongrie, Roumanie, Bulgarie, coll. Le guide du routard, Hachette Tourisme, 2004.
- Roumanie, Le Petit futé, 2004.
- Diane Chesnais, La Roumanie, coll. Voir et revoir, Vilo, 2004.
- Alexandra Ionescu et Odette Tomescu-Hatto (dir.), Politiques et société dans la Roumanie contemporaine,
coll. Logiques politiques, L’Harmattan, 2004.
- Lucien Boia, La Roumanie - un pays à la frontière de l’Europe, Les belles lettres, 2003.